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La corruption dans le monde et en France en 2016

mercredi 8 février 2017

Comme chaque année, Transparency international livre son indice de perception de la corruption. Celui de 2016, qui examine 176 pays, a été publié il y a peu. Et les écarts sont énormes entre le Danemark et la Nouvelle-Zélande qui obtiennent 90 sur 100 et le Soudan du sud (10/100), la Corée du Nord (12) et la Syrie (13). 69 ont moins de 50, donc de la moitié des points. Parmi tout ce que l’on peut analyser sur cet indice annuel, trois méritent particulièrement notre attention.

La corruption et l’inégalité se renforcent l’une par l’autre

Le rapport de Transparency insiste sur ce point à partir d’exemples tels les « Panama papers » démontrant que l’opacité financière profite à certains au détriment du bien public. Mais aussi le fait que dans la plupart des pays mal classés, où la corruption est grande, les besoins alimentaires de base des habitants ne sont pas résolus. On cite encore Petrobras et Odebrecht au Brésil, l’ancien président ukrainien… privant les pays de recettes importantes au profit de quelques-uns. Le rapport épingle aussi la corruption de la FIFA…

La réponse à la corruption par le populisme ne règle pas la question

La perception de la corruption par les populations amène les citoyens à l’idée du « tous pourris », à la volonté de rejeter tout au profit d’un « anti-système » sensé mettre fin à la corruption et aux privilèges. Or Transparency analyse que « Dans les pays dirigés par des leaders populistes ou autocrates, nous constatons souvent des démocraties en déclin et des tentatives inquiétantes de réprimer la société civile, de limiter la liberté de la presse et d’affaiblir l’indépendance du pouvoir judiciaire. Au lieu de s’attaquer au capitalisme de connivence, ces leaders installent généralement des formes de systèmes corrompus qui sont encore pires ». Les exemples de la Hongrie et de la Turquie confirment que la montée de dirigeants autocrates se conjugue avec une baisse de leur note dans cet indice, au contraire de l’Argentine dont la note commence à monter depuis la chute du pouvoir populiste.

La France reste mal classée parmi les pays européens

La France est seulement le 23ème des 176 pays et, avec 69 points sur 100, elle n’est que le 12ème pays de l’Union européenne, stable depuis 5 ans. Son score est loin derrière le Danemark (90), la Finlande (89), la Suède (88), les Pays-Bas (83), l’Allemagne, le Luxembourg et le Royaume-Uni (81), la Belgique (77), l’Autriche (75), l’Irlande (74) et l’Estonie (70), donc derrière presque tous nos principaux partenaires européens. Or les critères principaux sont une administration transparente permettant aux citoyens de demander des comptes, l’absence de pratiques de pots de vin, l’existence de sanctions en cas de corruption, l’adéquation entre les prestations de l’administration et les besoins de la population, la solidité des institutions, l’indépendance des médias.

Pourtant déjà, avoir 90 signifie qu’il reste quelques problèmes à résoudre : au Danemark, dit Transparency, 20 membres du Parlement, soit 11 %, n’ont pas déclaré leurs activités extérieures et leurs intérêts financiers…

Cependant, pour Transparency, en France la création du parquet national financier et celle de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, après l’affaire Cahuzac, puis la loi Sapin 2 avec la protection des lanceurs d’alerte ont doté la France de l’arsenal juridique nécessaire, permettant la multiplication des redressements et des sanctions pendant ces dernières années. Mais Transparency conseille à la France de poursuivre sa lutte contre la corruption : « Malgré un bilan globalement positif, ces avancées importantes ne suffiront pas à elles seules à répondre à l’ensemble des enjeux de la lutte contre la corruption en France », car « Les attentes citoyennes, en termes de légitimité, d’intégrité et de responsabilité du politique sont importantes, à la hauteur de la crise que nous traversons ».


Sources