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Les Français et l’entreprise : deux évolutions sensibles de l’opinion

mercredi 4 février 2015

Article I . Les Français ont une opinion positive de l’entreprise

Il y a dix ans, 50% seulement des Français avaient une opinion positive sur les entreprises : ils sont aujourd’hui près de 90 %.

Les interventions gouvernementales depuis 2012 sur le nécessaire redressement de la compétitivité, pacte de responsabilité compris, amplifiées par les medias, n’y sont pas pour rien, comme la progression du chômage de masse, qui a détruit la confiance dans le pouvoir d’État. On croit de moins en moins à l’idée d’une relance par les seules politiques publiques.

Cette évolution s’explique par le basculement des sympathisants socialistes qui sont aujourd’hui 93 % à avoir une vision positive de l’entreprise, estimant même à 74 % que l’État doit faire confiance aux entreprises et leur donner plus de liberté. Même les proches du PC et du Front de gauche sont très majoritairement sur une position favorable (75 %), ceux du Front national étant en position intermédiaire (87 %).

Cette évolution s’ancre dans une perception massive de l’entreprise comme lieu d’épanouissement personnel (75 % des personnes interrogées). Bien plus, 73 % déclarent leur attachement à l’entreprise et 87 % sont persuadées de contribuer par leur travail à la réussite de leur organisation. Seule une moitié d’entre elles (52 %) affirment travailler par nécessité, uniquement pour gagner leur vie, et 25 % le décrivent comme « une corvée ».

65 % des sondés jugent que les entreprises, si elles sont aidées, créeront des emplois, et 60 % qu’elles le feront en France, de quoi valider le pacte de responsabilité. Toutefois, sur la responsabilité sociale de l’entreprise – produire en France, favoriser le dialogue social, améliorer le bien-être des salariés, tenir compte de l’environnement - le scepticisme est patent : entre 70 et 79 % pensent que les entreprises n’en font pas assez.

Ils ne se font pas d’illusions sur leur propre sort. Seuls 27 % pensent qu’elles augmenteront les salaires, alors que, pourtant, par le passé, le choix des patrons a été inverse, aux dépens de l’investissement ou de l’embauche, ce qui est souvent considéré comme une des causes de la chute de la productivité et donc de la compétitivité de la France depuis le début des années 2000.

Mais en même temps les Français ne jugent pas la France comme un pays d’entrepreneurs. Faible est la notoriété des grands noms de l’entreprise (27 % des Français sont capables de citer un nom), par rapport à celle des grandes firmes (62 % les citent). Ils sont 61 % à estimer qu’il n’est pas possible de faire fortune en créant une entreprise en France, 74 % pensent qu’il n’est pas facile de créer une entreprise et 82 % que la France n’offre pas un environnement qui encourage la création d’entreprise. On sent certes ici l’écho médiatique des discours et plaintes patronales, mais aussi un regard réaliste sur la place réelle donnée à l’entreprise dans la société française.


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