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Les clés du social : L'impact de l'intelligence artificielle sur le contenu des métiers

L’impact de l’intelligence artificielle sur le contenu des métiers

Publié le 5 novembre 2025 / Temps de lecture estimé : 3 mn

L’intelligence artificielle s’implante à grande vitesse. Aussi la question d’actualité est-elle sur l’avenir des emplois. De grandes entreprises américaines comme Amazon ou Walmart licencient de nombreux salariés au nom des tâches que peut réaliser l’IA. De même les jeunes informaticiens diplômés américains semblent avoir plus de mal à trouver un emploi car l’IA fournit à leur place les pages d’écriture algorithmique. Au-delà de ces exemples qui donnent lieu aux conclusions les plus disparates, on prévoit surtout la transformation des métiers, le bouleversement de leurs contenus par l’intelligence artificielle.

Des transformations des contenus des métiers, déjà sensibles

Le changement le plus immédiat est la réalisation par l’IA de nombreuses tâches répétitives, avec de gros gains de temps. En effet, l’IA générative produit elle-même, donc une partie de la théorie et de la pratique du métier peut lui être déléguée. Cela touche en particulier un certain nombre d’activités de saisie, de relances, de reporting pour la comptabilité et la gestion et les services administratifs, par exemple en comptabilité et finance. C’est aussi la multiplication des chatbots, assistants virtuels, agents conversationnels pour le secrétariat et le support client. Ce temps gagné peut être destiné à enrichir les emplois par des missions plus qualitatives.

En effet des compétences deviennent indispensables pour évoluer avec l’IA. En particulier il devient nécessaire d’intégrer le langage numérique aux pratiques. Les compétences clés reposent sur la créativité et l’intelligence émotionnelle car l’IA ne sait pas créer de sens, ni de lien, ni innover culturellement. Et un esprit critique est nécessaire pour détecter les erreurs de la machine. Les métiers de l’IA demandent des compétences pour comprendre et manipuler les données. Les métiers de l’IA les plus stratégiques demandent des compétences de gouvernance des données et de pilotage de projets IA.

Mais surtout beaucoup de métiers ont entamé leur transformation. Sans faire le tour de tous les secteurs d’activités, on commence à voir par exemple en santé la radiologie augmentée avec l’apport de l’IA au diagnostic alors que la décision revient au professionnel. L’IA apporte aussi à de nombreuses activités une capacité de prédiction : maintenance prédictive dans l’industrie par des capteurs permettant d’anticiper des pannes, ou dans la finance où l’analyse prédictive permet de prévoir l’évolution des marchés et le niveau des risques. L’IA transforme profondément les activités du marketing et de la communication car elle peut produire des textes publicitaires, des slogans, ce qui amène les professionnels à s’orienter vers la capacité à piloter ces outils et à s’appuyer sur des capacités de créativité et assurer une valeur éditoriale.

Par ces changements l’IA a-t-elle un impact sur les identités professionnelles ?

L’identité professionnelle se définit bien sûr à partir du contenu professionnel du métier mais inclut aussi le vocabulaire, les gestes, les vêtements, la culture… Si l’IA n’est qu’une base ou un débroussaillage d’une tâche ou d’un dossier, le professionnel ne sent pas d’impact sur son identité professionnelle. La remise en cause n’existe que si on demande à l’IA de quasiment tout faire à la place du professionnel. C’est la question que posent particulièrement les journalistes qui craignent une crise de contenu dans leur métier.

Les conséquences sur la perception de l’identité professionnelle dépendront sans doute de la relation créée avec l’IA, selon le rôle qu’on lui délègue, la place et le rôle qu’on lui accorde. Rôle d’aide, de soutien ? Ou fusion avec l’IA et assimilation de l’humain par la machine ?

Pour conclure provisoirement

On perçoit que l’avenir du contenu des métiers dépend de la place qui est laissée à l’IA : support, sécurisation, absorption des tâches répétitives et peu motivantes, en gardant la maîtrise de l’ensemble, sans aller au-delà, ce qui entrainera une grande évolution du contenu des métiers sans remettre en cause la relation qu’un professionnel entretient avec son métier ou sa fonction. Il y a là un enjeu de dialogue social et de négociation dans les entreprises et administrations pour que le développement de l’IA ne se fasse pas au détriment des emplois et des métiers mais contribue à leur enrichissement, pour que soient intégrés les enjeux d’accessibilité et d’inclusion et la nécessité de former et que soient contrôlés les risques de biais des algorithmes, en particulier dans le recrutement et les parcours professionnels.


Références