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Les quotas limitant l’apprentissage en santé, c’est fini

mercredi 14 octobre 2020

Alors que la situation épidémiologique inspire des inquiétudes, le Premier ministre vient d’annoncer la fin des quotas pour les formations en apprentissage des infirmiers et des aides-soignants, métiers particulièrement en tension. 100 000 postes, dont 34 000 d’infirmiers et 24 000 d’aides-soignants, sont à pourvoir dans les établissements de santé. C’est une bonne nouvelle à la fois pour les jeunes apprentis comme pour le système hospitalier tout entier et la relance économique du pays. L’arrêté est attendu dans les prochaines jours.

La prérogative de l’ARS et du Conseil régional saute

Classiquement, ces quotas d’apprentis dans les métiers du soin étaient fixés par l’Agence régionale de la santé (ARS) et le Conseil régional, qui ont des compétences de droit commun en termes de formation sanitaire et de soin. Aujourd’hui, force est de constater que seuls 900 apprentis travaillent dans le secteur sanitaire privé, alors que les représentants patronaux et les grands groupes du secteur plaident pour une ouverture conséquente au regard des besoins avérés de recrutement.

Mode de fonctionnement de l’apprentissage pour les infirmiers

L’apprentissage est accessible en deuxième et troisième années de formation en soins infirmiers, à condition d’avoir moins de 30 ans et d’avoir validé l’équivalence aide-soignante. Un contrat d’apprentissage – un contrat à durée déterminée – est conclu entre l’apprenti, l’entreprise qui l’emploie et l’IFSI (Institut de formation des soins infirmiers), qui doit être agréé par un centre de formation des apprentis (CFA). Comme tous les apprentis, il disposera d’un maître d’apprentissage nommé par l’établissement, et d’un tuteur pour les stages.

Apprenti infirmier ou aide-soignant, il percevra un salaire qui variera en fonction de son âge et de son année d’étude, ainsi que du secteur dans lequel il effectue son apprentissage.

Des réactions très favorables

Pour Lamine Gharbi, président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP),

« c’est une mesure positive qui témoigne que le Gouvernement place le secteur de la santé au cœur de la relance économique… Pour autant, une réforme plus large des dispositifs de la formation est nécessaire pour répondre aux besoins du secteur »

Il souligne que les référentiels et les conditions de formation des apprentis sont inadaptés aux besoins des établissements de santé. Il souhaite mettre en place une clause de dédit-formation et étoffer la liste des actes que peuvent pratiquer les apprentis.

Nadège Plou, directrice des ressources humaines de Korian France, souligne pour sa part que son groupe prévoit 9 000 embauches d’ici 2022 dont plus de la moitié sont des postes d’aides-soignants.

Quant à Virginie Schlier, présidente du Syndicat national des professionnels Infirmiers (SNPI) de la CFE-CGC, elle relève que

« la question de l’attractivité des métiers soignants et tout particulièrement ceux du grand âge ne date pas d’hier »

En conclusion, on peut se féliciter que dans le secteur de la santé, l’apprentissage cesse d’être un parent pauvre. Ce changement dans la formation va de pair avec une revalorisation salariale sans précédent. Cette situation positive devrait renforcer l’attractivité des métiers du soin en attendant la grande réforme promise pour la prise en charge de la dépendance en particulier.