Si plus des deux tiers des salariés expriment une bonne satisfaction au travail, ce n’est pas le cas pour un peu moins d’un tiers, ce qui n’est pas anodin. La moitié des salariés ressentent au moins un facteur de vulnérabilité (fatigue, stress, pénibilité physique, mal-être). Un quart des salariés déclare subir des violences au travail, majoritairement du harcèlement moral et pour un cinquième du harcèlement sexuel.
Face à ces constats, les salariés considèrent que leur entreprise n’agit pas concrètement pour préserver leur santé mentale. Ils ne savent pas non plus vers qui se tourner en cas de souffrance morale ou physique.
Des constats éclairants
Les salariés français sont toujours attachés à leur travail. Ils sont 68 % à exprimer une bonne ou très bonne satisfaction au travail. Toutefois, 32 % soit un peu moins de 1 sur 3 expriment l’inverse et les raisons apparaissent nettement dans cette enquête.
40 % éprouvent à un niveau élevé ou très élevé de la fatigue. À ceux-là, s’ajoutent les 36 % des salariés qui considèrent que leur travail est fatigant de façon modérée. 32 % ressentent un stress élevé ou très élevé, 21 % une forte pénibilité, 18 % expriment un mal-être élevé ou très élevé. 51,5 % déclarent au moins un de ces facteurs de vulnérabilité à un niveau élevé et très élevé au point que 20 % des salariés ont eu dans une période récente un arrêt de travail pour raison psychologique ou physique.
De même, 23 % ont subi des violences dans le cadre de leur travail au cours des six derniers mois. À part égale, ils ont subi des violences internes à l’entreprise (atteintes dégradantes, comportements méprisants, discriminatoires, voire harcèlement moral ou sexuel, etc.) et des violences externes (incivilités, menaces, agressions verbales ou physiques ou actes de vandalisme, etc.).
Des causes essentiellement organisationnelles
Loin de la culpabilisation des salariés sur l’absentéisme relayée par les organisations patronales et même au niveau gouvernemental, les causes de ce mal-être au travail sont liées essentiellement à l’organisation du travail dans les entreprises et à leur type de management.
Ainsi, les salariés (64 %) doivent souvent ou toujours avoir une attention soutenue dans l’exercice de leur travail, 39 % sont soumis à des rythmes de travail élevés, 38 % sont interrompus dans leur travail par des tâches imprévues, 34 % font face à des changements fréquents, 27 % doivent répondre à des objectifs inatteignables et 18 % reçoivent des consignes contradictoires. 23 % ont des horaires de nuit, décalés ou alternants.
Les salariés sont confrontés à des exigences émotionnelles au travail. Ainsi, par exemple, un peu moins de la moitié doit « faire bonne figure » quelques soient les circonstances.
17 % manquent d’autonomie pour réaliser leur travail et la même proportion rencontre des obstacles pour développer ses compétences.
Un tiers des salariés regrettent souvent ou toujours un manque de reconnaissance. Ils regrettent souvent ou toujours une communication insuffisante de leur hiérarchie (29 %) qui par ailleurs ne les soutient pas suffisamment (29 %) et ne les écoute assez (24 %).
Enfin, près d’un quart des salariés (24 %) jugent que leur organisation du travail les empêche de fournir un travail de qualité. Pour 21 %, ils doivent faire face à des changements, des manques d’anticipation et d’explications. 15 % sont confrontés à des incertitudes sur leur activité à court terme.
Un manque flagrant de politique de prévention
Pour 55 % des salariés, leur employeur n’agit pas suffisamment pour la prévention en matière de santé mentale et 49 % en matière de santé physique. Un quart des salariés (23 %) ont suivi une formation sur la santé mentale dans une période récente. À peine plus sur les risques musculosquelettiques. Manifestement, les dispositifs de signalement sont peu connus puisqu’un quart des salariés ne les connaissent pas ou n’existent pas dans leur entreprise (autour de 40 %). Pour les personnes les plus concernées par les difficultés d’ordre psychologique et mental, seulement 26 % identifient une personne ressource interne à l’entreprise.
À la question de savoir à qui un salarié s’adresserait s’il était confronté à ce type de problème, les salariés répondent d’abord à un collègue (72 %) et loin derrière leur manager direct (33 %), un représentant du personnel (21 %) ou l’infirmier ou l’infirmière (21 %) et plus loin encore 15 % un membre de la direction ou du service RH (11 %).
En résumé, autour d’un tiers des salariés est confronté à de réelles difficultés en matière de mal-être au travail et de santé mentale. C’est considérable et finalement la cause d’un manque à gagner pour l’entreprise en termes de compétitivité et d’une souffrance ressentie par les salariés. Les réponses des entreprises paraissent clairement insuffisantes. Cette enquête montre une nouvelle fois l’enjeu fondamental que constitue la question du travail dans notre société et la nécessité d’y répondre réellement.
Source
- Cabinet Ekilibre, Baromètre Santé et Conditions de Travail, Causes racines du mal-être
– https://ekilibre-conseil.com/resultats-2025-barometre-sante-et-conditions-de-travail/

