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Une réelle insertion professionnelle après un contrat de professionnalisation ?

mercredi 29 décembre 2021

Avec 3 personnes sur 4 en emploi 6 mois après la fin d’un contrat de professionnalisation, ce contrat d’alternance, créé par les partenaires sociaux, obtient des résultats intéressants en termes d’insertion professionnelle. Et ces résultats se renouvellent tous les ans à ce niveau d’insertion dans l’emploi.

2017-2019

C’est le cas pour les 586 000 sortants des années 2017-2019, dont 75 % avaient moins de 26 ans et, pour ceux qui étaient plus âgés, 60 % venaient du chômage : les ¾ étaient en emploi 6 mois après dont 47 % dans un emploi durable (CDI, CDD de plus de 6 mois ou fonctionnaire).

La situation des sortants de contrats de professionnalisation de 2017-2019 6 mois après

 75 %: En emploi, dont :

  • 47 % En emploi durable
  • 21 % En emploi aidé ou contrat d’alternance non aidé
  • 7 % En CDD ou intérim de moins de 6 mois

 19 %: Au chômage
 4 %: En études
 2 %: Inactifs

2019

L’enquête de la Dares donne plus d’informations pour la dernière année connue, 2019, et, au-delà du chiffre général de 75 % insérés 6 mois après leur fin de contrat, analyse les différenciations internes existant dans les résultats.

- Une différence selon le moment de la fin du contrat
Si ceux qui sont sortis dans les premiers trimestres ont pu se situer sur un marché du travail habituel, les sortants du dernier trimestre sont arrivés sur un marché du travail bouleversé par le covid-19. Au lieu d’un taux d’insertion de 75 %, ils ne sont que 68 % en emploi au 2ème trimestre 2020.

- Des écarts selon leur situation avant le contrat de professionnalisation
S’ils étaient en emploi ou en études, 78 % sont insérés dans un emploi 6 mois après. Mais le taux est nettement moins bon s’ils étaient demandeurs d’emploi (67 %) ou inactifs (64 %).

- Des variations selon les tranches d’âge
Les 26 ans et plus se trouvent plus souvent dans un emploi durable au bout de 6 mois (55 %) que les plus jeunes (44 %). Mais ils sont aussi plus nombreux à être encore chômeurs (23 % contre 18 %).

- Des inégalités selon que le contrat a été ou non au bout
17 % des contrats ont été rompus avant terme, amenant à un taux d’insertion inférieur de 10 points (65-66 %) et à un chômage de 23-24 %. Et la situation est beaucoup plus défavorable pour ceux dont le contrat a été rompu par l’employeur : 50 % seulement en emploi et 40 % au chômage.

- Des disparités en fonction de la réussite ou non de la qualification préparée
Si la qualification préparée est obtenue, le taux d’emploi monte à 79 % 6 mois après la fin du contrat. Ce peut être un diplôme ou titre professionnel inscrit au RNCP (répertoire national des certifications professionnelles), un CQP (certificat de qualification professionnelle) ou une qualification de branche reconnue par une convention collective nationale. Pour les 13 % qui ne l’obtiennent pas, l’emploi est plus rare : 60 % seulement au bout des 6 mois. Il vaut mieux aller au bout de son contrat !

- Une hétérogénéité des résultats selon les secteurs professionnels
Si les résultats sont favorables dans les secteurs de la construction et de l’industrie, ce n’est pas le cas de certaines parties du secteur tertiaire.

Secteurs Taux d’emploi Taux d’acquisition de la qualification
Construction 84 % 89 %
Industrie 78 % 89 %
Tertiaire 74 % 86 %

En effet, si le secteur bancassurance et l’immobilier ont une insertion d’un niveau égal avec plus de 80 % en emploi, ce n’est pas le cas du commerce (69 %) et de l’hébergement-restauration (66 %) où les ruptures sont plus fréquentes et le taux de qualification plus bas. Mais ce sont aussi les secteurs qui ont connu parmi les plus forts impacts du covid-19, avec le ralentissement de la consommation ou les fermetures complètes à partir de mars 2020, freinant considérablement les recrutements pour les sortants du dernier trimestre 2019.

On peut voir enfin que 6 sortants de ces contrats sur 10 restent dans le secteur professionnel de leur alternance, tout particulièrement quand ils ont préparé une qualification de branche, par exemple dans le textile-habillement, avec des contrats durables non aidés plus nombreux (50 %).

Ainsi, le panorama est donc positif pour ceux qui passent par un contrat de professionnalisation. Il a été fortement impacté en 2020 par la pandémie, pour les sortants de contrat dans le dernier trimestre 2019 et par le faible nombre de contrats signés en 2020. L’intégration de contrats de professionnalisation dans les entreprises est donc un point à suivre dans les négociations et les consultations du CSE concernant l’emploi, la formation professionnelle, et la gestion des emplois et compétences (GPEC).


Source

Déjà paru dans Clés du social