1. Accueil
  2. > Conditions d’emploi
  3. > Conditions de travail
  4. > Comment les entreprises et administrations s’adaptent à (...)

Comment les entreprises et administrations s’adaptent à la reprise d’activité ?

mercredi 10 juin 2020

On le sait depuis les temps les plus reculés, toute crise est une opportunité. Celle-ci ne fait pas exception. En témoigne l’extraordinaire adaptation des entreprises et des administrations à la reprise d’activité après le confinement et parfois la douleur et la peine d’avoir perdu des proches ou des collègues. Protéger et contrôler pour faire face aux risques toujours présents, changer les modes de travail, les organisations de locaux, adapter les horaires de travail, innover socialement, voici quelques entrées dont certaines sont amenées à connaitre des développements rapides comme le télétravail puisque les partenaires sociaux viennent d’annoncer une négociation sur le sujet.

Protéger et contrôler

Désinfection des locaux, prise de température, tests, port du masque, ascenseurs réservés à la montée ou à la descente, parcours fléchés… Avec le déconfinement, les entreprises et les administrations ont mis en place des conditions sanitaires pour garantir aux salariés la meilleure protection possible. Certaines ont aussi fait appel à des psychologues pour des collectifs de travail ayant connu des décès.





Chez Renault, le protocole sanitaire négocié avec les organisations syndicales prévoit des actions de nettoyage et désinfection, des bus de transport jusqu’aux postes de travail. À l’entrée de l’usine d’Onnaing (Nord), Toyota a installé de grandes tentes où la température des salariés est contrôlée. De même, chez Veolia, une prise de température systématique est aussi prévue. De plus, le groupe propose au personnel un dépistage du coronavirus avec des tests.

Dans de nombreuses entreprises et administrations, des panneaux rappellent les gestes barrières et des kits sanitaires ont été distribués. D’autres ont organisé la pause repas dans les cantines avec réservation obligatoire, horaires fixes par étages, lunch box à déguster à sa table de travail. D’autres enfin ont équipé les véhicules avec des plexiglas de protection entre le conducteur et le passager et les ouvriers gardent chacun leurs propres outils.

Changer les modes de travail

Pour des millions de salariés, le confinement restera à jamais lié au télétravail que la majorité a découvert. Minoritaire dans le secteur privé et quasiment inconnu dans le public, ce mode de travail a révélé ses peines et ses plaisirs mêlés. Il est toujours préconisé par les pouvoirs publics et de nombreuses entreprises continuent à le mettre en œuvre. Alors que 30 % des fonctionnaires d’État demeurent en télétravail, d’après le secrétaire d’État à la Fonction publique, cette révolution va vraisemblablement redéfinir le lien au travail et réinterroger le collectif de travail. C’est tout l’enjeu des années à venir et de la négociation qui s’ouvre.

Au-delà du télétravail, la crise sanitaire a amené un grand saut dans le numérique des Français et particulièrement des salariés. Visioconférence, achat en ligne, groupes de travail virtuels, boutiques web qu’il a fallu créer, prépaiements en ligne, réservations et commandes en ligne… autant de modes de fonctionnement qui induisent des changements de modes de travail.

Changer l’organisation des locaux

D’abord en lien avec les protections sanitaires mais peut-être aussi en adaptation des nouveaux modes de travail. Le secteur de l’alimentaire, en la matière, a été pionnier. Avec du plexiglas aux caisses, des masques pour le personnel et un nombre de clients limité.

Plus classiquement, des entreprises ou administrations ont condamné un bureau sur deux, retiré des sièges, mis en place des amplitudes d’ouverture et de fermeture des bâtiments élargies. D’autres ont réaménagé les open-spaces, calculé les périmètres de sécurité.

Mais, au-delà, des entreprises qui réfléchissent à mettre en place davantage de télétravail dans leur organisation pensent à se séparer de certains locaux et réfléchissent à la fin du bureau voire des grands sièges comme ceux de La Défense.
Chez Wizi, une entreprise de dix personnes qui propose en ligne des locations longue durée aux particuliers, le directeur vient de résilier le bail du siège. Pour garder le lien, l’équipe envisage de se réunir deux fois par mois dans des salles de réunion.

Changer les horaires de travail

Des plages horaires élargies ont été mises en œuvre dans nombre d’entreprises. L’objectif est à la fois de fournir un meilleur service aux clients mais aussi et surtout d’éviter que tout le monde ne soit dans les locaux en même temps.
Engie prévoit des « rotations » et « le télétravail restera une solution », Dans la tour du groupe de gaz et d’électricité à La Défense, des roulements et des horaires décalés ont été mis en place. La problématique des transports en commun en Île de France pousse à ce type de solutions.

Développer le dialogue social et innover socialement

Un des grands intérêts de cette période est peut-être d’avoir fait prendre conscience à tous les responsables qu’il faut s’adresser à toutes les parties prenantes, régulièrement et sans exception. Le ministère du Travail l’a d’ailleurs souligné : « Le dialogue social dans l’entreprise est essentiel en situation de crise ». Ce qui était essentiel en situation de crise le demeure en temps de reprise d’activité et pour lutter contre le choc économique que vit la France.

Il s’agit de repenser l’intelligence collective et de créer du collectif dans un autre contexte de travail, en repensant les outils informatiques, en revoyant le rôle et les fonctions du manager et surtout en apportant un soin extrême aux relations sociales.

En guise de conclusion, cette crise sera comme d’autres un accélérateur de tendances de fond. Elles sont déjà à l’œuvre dans les entreprises et les administrations en ce temps de reprise d’activité.