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Le développement du télétravail en France – comparaison internationale

dimanche 7 avril 2013

Le télétravail est en essor rapide dans les pays industriels, qu’il soit effectué à domicile, lors des déplacements professionnels, dans des télécentres ou en réseau. Pourtant, si la progression a été régulière sur 20 ans en France, son développement est en retard sur la plupart des autres pays.

Le nombre de télétravailleurs et son évolution depuis l’an 2000

Pays 2000 2010
France 2,6 8,9
Italie 1,3 5,5
Allemagne 6,7 19,5
Royaume-Uni 8,8 22,8
Belgique-12,5 30,6
Suède 14 27,2
Finlande 15 32,9
Europe 7,2 18,3
Japon 6,6 25,1
Etats-Unis 12,4 28

% de salariés effectuant plus de 8 heures par mois de télétravail parmi la population salariée totale. (d’après le Rapport sur le télétravail du Centre d’analyse stratégique, http://www.strategie.gouv.fr).

« Le télétravail peut être défini comme le travail qui s’effectue, dans le cadre d’un contrat de travail, au domicile ou à distance de l’environnement hiérarchique et de l’équipe du travailleur, à l’aide des technologies de l’information et de la communication », pour le Centre d’analyse stratégique, définition basée sur l’accord-cadre européen de 2002. Pourtant, il n’existe pas de définition internationale homogène. Donc tous ces chiffres sont des estimations.

Ils sont cependant éloquents. Le télétravail ne se pratique pas dans tous les secteurs en France. Développé surtout dans celui des TIC, des services financiers et les entreprises de plus de 250 salariés, il existe peu dans le commerce de détail, la construction, les transports, l’hôtellerie-restauration, les TPE et PME, et encore moins dans le secteur public.

D’autre part, il concerne avant tout les cadres (30 % d’entre eux), les hommes en premier (57 % des télétravailleurs), les salariés en CDI à temps plein (90 % des télétravailleurs nomades).

Les freins en France semblent encore la méconnaissance des possibilités de télétravail, notamment les chefs d’entreprise, leur appropriation limitée des outils numériques, l’autonomie limitée laissée aux salariés par les organisations du travail, un moindre intérêt des salariés, des craintes de fragilisation de la relation à l’entreprise et d’irréversibilité, la préférence pour le travail en collectif, un manque de formation des acteurs, et l’absence de cadre juridique jusqu’à il y a peu. Même si les partenaires sociaux ont signé un accord en 2005, transposant l’accord européen, il a fallu attendre une loi de mars 2012 pour que le télétravail entre dans le code du travail.

Un certain nombre d’accords ont cependant été négociés et signés dans de grandes entreprises, telles Alcatel-Lucent, France Télécom, Renault, Microsoft France ; Coca-Cola France, Michelin, L’Oréal, Téléperformance, GDF Suez, Banque de France...

Une condition de leur réussite est de n’organiser le télétravail que sur le volontariat des salariés. Développer le télétravail suppose également de régler les questions de responsabilité et d’assurance en cas d’accident du travail hors de l’entreprise, de limite d’utilisation du matériel entre usage professionnel et personnel, de mesure du temps de travail hors de l’entreprise. Dans la fonction publique, il manque un cadre juridique, annoncé depuis la loi de mars 2012 sur l’accès à l’emploi titulaire et à l’amélioration des conditions d’emploi des contractuels, mais qu’au 1er mars 2013 on attend encore.

En cette période de crise de l’emploi cependant, des collectivités misent sur un développement du télétravail pour créer des emplois et financent des infrastructures pour accueillir des télétravailleurs : Bretagne, Cantal, Allier, notamment.

D’autant plus que, dans les pays de l’OCDE, les télétravailleurs se déclarent majoritairement satisfaits de leur mode et conditions de travail. Ils concluent à une meilleure maîtrise de leur activité, à une plus grande autonomie, tout en se sentant intégrés dans l’entreprise, à une gestion correcte de leurs horaires de travail par rapport à leur vie personnelle et familiale et ils apprécient le gain des temps de déplacement domicile-travail. Les entreprises y voient des gains de surfaces (le m2 est de plus en plus cher), de performance et productivité.

Si tous les secteurs et tous les métiers ne s’y prêtent pas, le CAS prévoit qu’un salarié sur deux serait potentiellement concerné en 2015. Mais pour que le télétravail se développe vraiment en France, il faut des évolutions culturelles de part et d’autre, et un développement du dialogue social sur ce mode de travail.


PS :

Pour plus de précisions
http://droit-finances.commentcamarche.net