Une rémunération équivalente à 1,2 Smic
Les jeunes concernés sortent de dernière année de formation dans un établissement public ou privé sous contrat. Parmi eux, 49 % sont en emploi salarié privé en juillet 2022, soit un an après la fin de leur formation. Leur rémunération médiane (y compris les heures supplémentaires et les primes) est de 1 582 euros nets par mois. Cela représente 1,2 fois le Smic net en juillet 2022. À titre de comparaison, un quart des salariés du privé en France perçoivent moins de 1 660 euros nets par mois et la moitié, moins de 2 091 euros nets par mois en 2022.
Une rémunération plus élevée pour les sortants d’un BTS
Bien évidemment, la rémunération comme le taux d’emploi augmentent avec le niveau de certification. Ainsi, la rémunération médiane nette mensuelle est plus élevée pour les sortants de BTS (1 613 euros) que pour les sortants d’un baccalauréat professionnel (1 567 euros) ou d’un CAP (1 526 euros). L’écart entre les niveaux de diplôme persiste quelle que soit la spécialité suivie.
Un accès à l’emploi moindre pour les non-diplômés mais une rémunération médiane proche de celle des diplômés
85 % des lycéens sortant d’études en 2021 sont diplômés et ils sont plus souvent en emploi que les non-diplômés (53 %, contre 39 %). Mais, la rémunération médiane nette mensuelle des diplômés d’un CAP est similaire à celle des non-diplômés (1 526 euros, contre 1 525). Il en est de même pour les sortants de baccalauréat professionnel (1 567 euros, contre 1 566). La rémunération médiane des diplômés d’un BTS est en revanche légèrement supérieure à celle des non-diplômés (1 616 euros net par mois, contre 1 590).
Des disparités entre le domaine de la production et celui des services
On constate une rémunération légèrement supérieure à l’issue d’une formation du domaine de la production après un BTS. D’autres disparités apparaissent. À l’issue d’un CAP dans le domaine des services, les sortants les mieux rémunérés sont ceux de la spécialité « transport, manutention, magasinage », avec une rémunération médiane nette mensuelle de 1 663 euros, tandis que ceux formés en « coiffure, esthétique » sont les moins rémunérés (1 443 euros). Dans le domaine de la production, les sortants du baccalauréat professionnel « technologies industrielles » sont les mieux rémunérés (1 637 euros) et ceux de la spécialité « matériaux souples » sont les moins rémunérés (1 544 euros).
Les jeunes femmes toujours moins rémunérées que les jeunes hommes
La situation financière des jeunes femmes au travail change peu. Leur forte présence dans le domaine des services accentue ce problème. Ainsi, à niveau de certification équivalent, dans l’année suivant la sortie de lycée professionnel, les jeunes femmes sont moins rémunérées que les jeunes hommes (médiane à 1 560 euros net par mois, contre 1 599 euros).
Une partie de ces disparités peut s’expliquer par la spécialité choisie : les jeunes femmes s’orientent par exemple davantage que les jeunes hommes vers la « coiffure, esthétique », spécialité après laquelle les sortants ont des rémunérations inférieures. Ces choix d’orientation ne peuvent néanmoins expliquer intégralement l’écart de rémunération observé : à niveau de certification et spécialité données, les jeunes hommes perçoivent une rémunération médiane supérieure à celle des jeunes femmes.
Il y a là une forme de discrimination qui perdure et qu’il s’agit de combattre : un dossier pour les élus du personnel et les sections syndicales.
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