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Comprendre des textes écrits à 10 ans, en France et en comparaison internationale

Publié le 12 juillet 2023 / Temps de lecture estimé : 2 mn

Les enquêtes Pisa montrent chaque fois les inégalités de l’école française et une baisse de niveau. Tous les 5 ans, dans une autre enquête (Pirls), 57 pays sont interrogés pour tester la compréhension de l’écrit par leurs élèves à 10 ans, dont 43 en fin de 4ème année scolaire (CM1). En 2021, on en est à la 5ème enquête Pirls, ce qui permet de suivre les évolutions. La bonne surprise : après des années de baisse depuis les débuts de l’enquête, la France se stabilise, à un niveau un peu supérieur à la moyenne. Mais les raisons de cette évolution sont à prendre avec modestie !

Les chiffres

La moyenne est définie à 500 points. La France arrive à 514, en stabilité positive par rapport à 2016 (511), après 15 ans de baisse. Si la moyenne est stable pour les textes narratifs et informatifs, elle progresse même de 9 points pour la compréhension complexe, littéraire, la capacité d’interpréter et d’apprécier. Notre pays reste cependant derrière la moyenne européenne (527) et, si l’écart avec l’UE diminue (de -13 points), c’est surtout à cause de la forte baisse de cette dernière, de 11 points depuis 2016 (Finlande : -17 points, Pologne : -16 points).

Sur les 43 pays comparables, 21 sont bien supérieurs à la France, à commencer par Singapour (587), Hong Kong (573) et la Russie (567). 7 pays sont de niveau comparable à la France et 14 pays ont un niveau inférieur. En UE, c’est toujours la Finlande et la Pologne qui sont en tête avec 549 points, malgré leur baisse.

L’analyse de ces résultats

 Une caractéristique de la France, inattendue, est d’avoir une dispersion des scores des élèves un peu inférieure à la moyenne européenne (71 points contre 74). Dans l’Union européenne comme en France, 6 % des élèves ont moins de 400 points, c’est-à-dire qu’ils ne maîtrisent pas les connaissances élémentaires. C’est au contraire parmi les scores les plus hauts que la France est plus faible que l’UE :

NiveauFrance UE
Niveau « avancé », le plus élevé 5 % 9 %
Niveau « élevé » 27 % 32 %
Niveau « intermédiaire », moyen 40 % 37 %



 Comme dans la plupart des pays participants, les filles ont de meilleurs résultats et recreusent en France l’écart avec les garçons (2016 : 8 points ; 2021 : 14 points), qui reste cependant inférieur à celui de l’UE.

L’action pédagogique des enseignants

L’enquête insiste sur des différences de méthode d’un pays aux autres. Les enseignants français demandent surtout à leurs élèves de retrouver des informations dans un texte, d’en dégager les idées principales, d’expliquer et argumenter sur ce qu’ils ont compris. Mais ils cherchent très peu à leur faire décrire le style ou la structure du texte, à déterminer les intentions de l’auteur et ,moins que dans le reste de l’UE, à comparer ce qu’ils ont lu à des faits vécus ou à des lectures antérieures. Ils s’y mettent plus tard que leurs collègues européens car eux mettent plus l’accent sur l’enseignement du français et la lecture. Ils individualisent moins leur enseignement, font moins travailler les élèves par eux-mêmes ou décoder le sens des mots.

Aussi pour les enseignants français l’introduction de la différenciation devient prioritaire et d’autre part ils citent beaucoup l’enseignement des compétences et les stratégies de compréhension de la lecture.

Après l’arrêt de la baisse des résultats français, on voit ainsi les marges de progrès disponibles !


Références

  • Pirls 2021 – International Results in reading – Boston college – mai 2023 :
     https://pirls2021.org