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Les dépenses santé dans l’Ocde : une grande diversité de niveau

samedi 15 octobre 2022

Les 38 pays de l’Ocde constituent l’essentiel des pays dans le monde ayant un important développement économique, partageant l’objectif de l’Ocde de « promouvoir des politiques publiques qui favorisent la prospérité, l’égalité des chances et le bien-être pour tous ». Pourtant, leurs dépenses de santé sont à des niveaux très divers par rapport à leur PIB. Quelles conséquences sur la prise en charge de la santé des habitants ?

Les dépenses de santé de pays de l’Ocde

(selon la dernière année connue par l’Ocde)

2020 (en % du PIB) 2021 (en % du PIB)
Allemagne 12,8
Autriche 12,2
Belgique 10,8
Canada 11,7
Danemark 10,8
République tchèque 9,2
Estonie 7,5
Finlande 9,5
France 12,2
Grèce 9,5
Hongrie 7,3
Irlande 6,7
Italie 9,5
Japon 11,1
Lettonie 7,4
Lituanie 7,9
Luxembourg 5,7
Pays-Bas 11,2
Norvège 10,1
Pologne 6,6
Portugal 11,2
Espagne 10,7
Suède 11,4
Suisse 11,8
Turquie 4,6
Royaume-Uni 11,9
États-Unis 17,8
Ocde 9,7



Pour l’ensemble de l’Ocde, après la crise économique de 2008, la part des dépenses de santé est restée relativement stable, leur croissance se faisant selon l’évolution économique des pays et en raison du vieillissement des populations. Elles représentaient 8,8 % du PIB en 2019 et sont montées à 9,7 % en 2020 en raison de la pandémie.

Mais on voit par ce tableau que, entre la Turquie et les États-Unis, les dépenses s’échelonnent de 4,6 % à 17,8 % du PIB. Comme ce sont des chiffres qui intègrent les dépenses du Covid-19, on y retrouve l’augmentation due au covid en 2020-21, la plupart du temps de ½ à 1 point, parfois plus (Royaume-Uni : 10,2 % en 2019 et 12,8 % en 2020). La France fait partie des pays ayant les plus fortes dépenses de santé, derrière les États-Unis, premiers de beaucoup, et l’Allemagne. Pourtant la progression française a ralenti depuis 2015, régulée par l’Ondam (objectif annuel d’évolution des dépenses de santé), sauf en période de pandémie et bénéficie de prix bien inférieurs à la Suisse, la Norvège, la Suède, le Luxembourg, le Canada et les États-Unis.

Dépenses de santé, accès, qualité et résultats

On ne peut cependant se contenter de ces éléments bruts car encore faut-il que les dépenses soient optimisées en termes d’accès aux soins, de qualité des soins et de résultats.

Bien sûr, il existe une relation entre le niveau des dépenses de santé et l’état de santé de la population, particulièrement :

  • L’espérance de vie : 75 ans au Mexique, 76,1 ans aux États-Unis (après une baisse de 22 mois en 2020 et de 11 mois en 2021), 82 ans et demi pour la France et 84 ans et demi au Japon ;
  • La bonne ou mauvaise santé de la population : de + de 15 % de la population en mauvaise santé en Lettonie, Corée, Lituanie, Portugal à moins de 3 % en Colombie, Nouvelle-Zélande, Canada ;
  • Le taux de morts prématurées : au Luxembourg moins de 100 pour 100 000 habitants contre plus de 300 pour 100 000 habitants en Lettonie, Hongrie, Lituanie, Mexique et Slovaquie ;
  • La morbidité des maladies chroniques : en particulier le diabète dont les taux les plus forts se trouvent au Mexique, en Turquie, aux États-Unis et en Allemagne.

Cependant, niveau de dépenses de santé et résultats ne vont pas toujours de pair. Les données exploitées par l’Ocde montrent en particulier que :

  • Certains pays ont une espérance de vie supérieure à la moyenne de l’Ocde avec des dépenses inférieures à la moyenne, tels que l’Espagne, l’Italie, la Grèce, le Portugal, alors que les États-Unis, avec une dépense bien supérieure à la moyenne, ont une espérance de vie inférieure à la moyenne de l’Ocde.
  • Sur la mortalité évitable, 18 pays qui dépensent davantage ont un taux faible, dont la France, et 11 pays qui dépensent moins ont un taux élevé. Mais 8 pays dépensent moins tout en ayant un taux faible en même temps qu’une espérance de vie élevée. Le contraire vient des États-Unis : fortes dépenses et taux de mortalité évitable plus important.

S’ajoute enfin un coût différencié du reste à charge des ménages. Dans l’ensemble des pays de l’Ocde, les dépenses des ménages en soins de santé s’établissent à 3 % de leurs dépenses totales. Mais ce pourcentage varie de 2 % (France) et moins de 2 (Turquie, Colombie, Luxembourg, Slovénie) à plus de 5 % en Corée et en Suisse. Ce qui pose un problème d’accès aux soins des ménages les plus pauvres dans les pays où ce pourcentage est élevé.

On a donc un paysage qui allie des caractéristiques communes ou proches, qui se fondent sur l’existence de dispositifs de santé organisés, d’une majorité de personnes en bonne santé et d’une espérance de vie assez longue : aussi une majorité des populations de l’Ocde est satisfaite de l’accès aux soins (71 % en moyenne). Mais on voit aussi des différences nettes en fonction du niveau des dépenses mais aussi de l’efficacité des structures de santé (hôpitaux et médecine de ville) et de la qualité des politiques publiques. La récente pandémie a bien montré les facteurs de progrès indispensables.


Sources