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Les politiques de l’emploi durant les trois dernières années

samedi 11 septembre 2021

Les politiques de l’emploi recouvrent les interventions publiques sur le marché du travail, qui ont pour objectif d’en améliorer le fonctionnement, d’accroître et de préserver l’emploi, de réduire le chômage et les discriminations à l’embauche. Elles sont classées en deux catégories : passives comme l’indemnisation du chômage et les mesures de retrait d’activité anticipé (préretraites) ; actives, telles que les dispositifs de soutien à la création d’emplois dans le secteur marchand et non marchand, la formation professionnelle, l’accompagnement des demandeurs d’emploi.

Avec la crise sanitaire, nous avons des résultats très contrastés pour les années 2019, 2020 et 2021, que ce soit pour l’apprentissage, les contrats de professionnalisation, les contrats aidés, l’insertion par l’activité économique… sachant que nous avons eu aussi des changements de politique pour des politiques d’incitations différentes à l’emploi, au cours des 3 dernières années. Voir le dispositif « un jeune, une solution », lancé à l’été 2020, qui permet d’aider les jeunes dans leur recherche d’emploi et dans leur formation.

Fin 2019, parmi les bénéficiaires des politiques actives de l’emploi, près de 1,6 million de personnes occupaient un emploi aidé en France métropolitaine, c’est-à-dire un emploi bénéficiant d’une aide publique, hors allégements généraux de cotisations sociales et dispositifs sectoriels. Il s’agit de bénéficiaires de contrats aidés (199 000), d’étudiants en alternance (698 000), qu’ils soient en formation initiale ou en reprise d’études, et de bénéficiaires d’autres dispositifs d’aide à l’emploi (667 000), parmi lesquels se trouvent principalement les créateurs d’entreprises aidés (639 000).

En 2020, on assiste à une très forte augmentation du contrat d’apprentissage, le nombre d’entrées est estimé à 525 600 et augmente fortement par rapport à l’année précédente (+42 %). Cette hausse est presque entièrement portée par le secteur privé (+44 %), les embauches dans le secteur public n’augmentant que de 5 %.

En avril 2021, 31 400 contrats de professionnalisation ont été enregistrés en France entière depuis le début de l’année, ce qui représente une hausse des recrutements de 32,5 % par rapport à la même période en 2020, qui a vécu la baisse des embauches dans un contexte de crise sanitaire (moins 48,4 % par rapport à 2019).

En 2020, le nombre de demandes enregistrées d’aide au titre des emplois francs est en hausse de 33,2 % par rapport à 2019 :

  • Les demandes d’aide au titre des emplois francs sont restées très dynamiques jusqu’en mars 2020.
  • En avril et mai, dans un contexte de crise sanitaire, les demandes se réduisent par rapport à celles enregistrées un an plus tôt, pour reprendre en juin.
  • En 2020, le cumul des demandes de l’année reste toutefois nettement supérieur à celui observé en 2019 (22 800 contre 17 100 en 2019).
  • En janvier 2021, le nombre de bénéficiaires augmente de 1 800 pour s’établir à 34 300.

En mai 2021, on dénombre 21 400 bénéficiaires d’un CUI-CIE (secteur marchand) et 72 800 bénéficiaires d’un PEC. À partir de janvier 2018, les contrats aidés sont transformés en Parcours accompagnement compétences (PEC). Il n’y a plus d’embauches en CUI-CAE (secteur non marchand), de sorte qu’en mai 2021 il ne reste plus que quelques bénéficiaires. Par ailleurs, 6 700 nouveaux contrats sont signés dans le cadre d’un PEC en mai 2021. Le nombre de bénéficiaires d’un PEC, en hausse de 2 100, s’établit à 72 800.

  • En 2020, 77 200 PEC ont été signés, soit un niveau en recul de 18,0 % par rapport à celui de 2019 (94 200 contrats).
  • À compter de janvier 2018, le recours aux CUI-CIE est limité aux Drom (en remplacement des CAE-DOM) ou aux conseils départementaux qui les financent entièrement.
  • Mais, pour l’essentiel dans le cadre du plan "1 jeune 1 solution", 7 100 contrats ont été signés en CUI-CIE en mai 2021. Le nombre de bénéficiaires augmente de 5 200 pour s’établir à 21 400 fin mai.
  • En 2020, 4 400 nouveaux contrats CUI-CIE ont été signés, après 4 300 en 2019.

À compter de fin avril 2021, nous avons eu une forte hausse de la formation des personnes en recherche d’emploi, sachant que le champ a été étendu aux CPF (compte personnel formation) autonomes souscrits par les personnes en recherche d’emploi. Ces formations se retrouvent comptabilisées dans les séries « autres formations ».

En avril 2021, pour toutes les structures de l’IAE (insertion par l’activité économique) les embauches sont en hausse par rapport à avril 2020 (12 200 contrats à durée déterminée d’insertion (CDDI) ont été signés en ateliers et chantiers d’insertion (ACI) et 3 700 en entreprises d’insertion (EI), soit des niveaux en hausse respective de +46,5 % et +65,1 % par rapport à avril 2020).

  • En outre, 4 800 nouveaux salariés ont été embauchés dans des associations intermédiaires (AI), et 3 000 dans des entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI), niveaux en très forte hausse par rapport à avril 2020.
  • Dans un contexte de crise sanitaire, les embauches avaient nettement reculé en avril et mai 2020, notamment pour les AI et les ETTI.
  • En 2020, par rapport à 2019, les embauches avaient augmenté dans les ACI et les EI (respectivement +5,7 % et +4,7 %) et reculé dans les AI et les ETTI (respectivement -16,8 % et -9,0 %).
  • Fin avril 2021, 57 500 personnes bénéficiaient d’un CDDI en ACI (soit 6 400 de plus qu’en avril 2020) et 17 400 d’un CDDI en EI (soit 2 300 de plus qu’en avril 2020), dans un contexte de baisse régulière de la durée des CDDI. Par ailleurs, 51 400 personnes travaillaient dans une AI et 17 200 dans une ETTI.

Ces résultats chaotiques des 3 dernières années démontrent bien le tâtonnement des politiques publiques face à la crise sanitaire. Le gouvernement a voulu développer l’apprentissage. Ce dispositif a résisté durant ces 3 années. Pour un employeur, une aide exceptionnelle de 5 000 à 8 000 euros est accordée pour la 1ère année des contrats signés entre juillet 2020 et décembre 2021. Ce dispositif devient de plus en plus populaire auprès de la jeunesse sachant qu’un apprenti ayant un salaire brut inférieur ou égal à 100 % du SMIC est bénéficiaire de l’APL et de la prime pour l’emploi : une vraie reconnaissance professionnelle. L’année 2021 montre des signes de croissance et peut rattraper les résultats de l’année 2019, malgré le développement des variants du Covid 19.


Références