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Malgré le covid-19, le surendettement a baissé en 2020

mercredi 14 avril 2021

C’est une information inattendue, en raison de la situation économique et sociale de l’année, de la perte de 360 000 emplois, du nombre de situations précaires, comme des difficultés pour les jeunes à la sortie du système éducatif de s’insérer dans le monde du travail. Pourtant, effectivement, le nombre des dossiers de surendettement a baissé de façon importante en 2020.

24 % de dossiers de surendettement en moins en 2020

Alors que 143 000 dossiers avaient été déposés en 2019 à la Banque de France, il n’y en a eu « que » 108 700 en 2020. C’est une baisse bien plus forte que celles constatées les 5 dernières années (-9 % par an de 2014 à 2019). Et c’est le chiffre les plus bas depuis le milieu des années 90. Cela se confirme tant par le nombre de premiers dépôts (61 000 au lieu de 81 000, soit -25,8 %) que celui des re-dépôts (-24,8 % également) en un an du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020.

Les dossiers déposés équivalent à un montant de 4,8 Mds€, et concernent pour 37 % des crédits à la consommation et 34 % des crédits immobiliers.

Le surendettement touche surtout des adultes isolés, des femmes en famille monoparentale ; ¼ sont des chômeurs, plus de la moitié (57 %) sont en situation de pauvreté. Les plus nombreux sont ouvriers, employés ou inactifs.

Comment expliquer cette baisse ?

  • La première raison a été l’arrêt de dépôt des dossiers au printemps, pendant le confinement, même si cela restait possible, non rattrapé ensuite par les dépôts après le mois de mai.
  • D’un autre côté, les mesures de chômage partiel ont évité les basculements dans le chômage et les pertes importantes de revenu pour beaucoup.
  • La fermeture des commerces a entrainé une baisse des dépenses de consommation, l’augmentation de l’épargne mais aussi des capacités de remboursement.

Les craintes pour demain

Si le soutien aux emplois et aux entreprises a évité la catastrophe en 2020, la question se pose pour la période où diminueront ou s’arrêteront les mesures de soutien à l’économie et aux emplois. Combien de faillites, de plans sociaux, de chômage ? C’est là que se situe le risque de nouveaux dossiers de surendettement.

La manière dont le gouvernement va gérer la sortie de crise et la fin du « quoi qu’il en coûte », y compris les règles de l’assurance chômage, est donc capitale pour éviter un basculement dans le surendettement de nombreuses personnes précaires ou perdant par une réforme inadaptée de l’assurance chômage tout ou partie de leurs allocations.


Sources

  • Banque de France -Enquête typologique sur l’endettement des ménages en 2020