1. Accueil
  2. > Société
  3. > Education
  4. > Mobilité internationale étudiante, un plus pour accéder (…)
Les clés du social : Mobilité internationale étudiante, un plus pour accéder aux postes de cadres

Mobilité internationale étudiante, un plus pour accéder aux postes de cadres

Publié le 26 juillet 2025 / Temps de lecture estimé : 5 mn

Trente ans après la création du programme Erasmus, les séjours à l’étranger pendant les études supérieures restent très prisés, et sont réputés favoriser l’insertion professionnelle. Pour savoir ce qu’il en est vraiment et en quoi cette expérience est valorisée en termes d’accès à l’emploi et de niveau salarial, le Céreq s’est intéressé aux plus-values professionnelles de la mobilité internationale étudiante, en particulier dans les professions les plus susceptibles de la valoriser, celles généralement pourvoyeuses d’emplois de cadres.

L’engouement pour les séjours à l’étranger en cours d’études ne se dément pas depuis 1987 et le lancement du programme Erasmus de mobilité internationale étudiante.
En 2021, ce sont 1,5 million de jeunes Européens qui sont partis étudier en dehors de leur pays d’origine, dont 105 000 étudiants français en mobilité diplômante ; la France occupe le 6ème rang mondial des pays dont les jeunes partent étudier à l’étranger.
Jouissant d’une attractivité certaine non seulement dans une visée d’ouverture culturelle mais aussi de professionnalisation, une période de formation ou de stage à l’étranger est de plus en plus souvent intégrée à nombre de cursus du supérieur.
Ainsi, être parti à l’étranger pendant ses études peut constituer un signal d’aptitudes renvoyant à des traits de comportement comme le dynamisme, la confiance en soi, l’ouverture d’esprit… lesquelles dispositions peuvent être appréciées et recherchées par les entreprises.
En outre, ces séjours favorisent les apprentissages linguistiques et permettent de se familiariser à des méthodes de formation et de travail différentes. Enfin, les contacts noués peuvent conduire à des perspectives d’emploi nouvelles, avec des effets de levier possibles sur la carrière.

S’appuyant sur les résultats de l’enquête Génération 2017, l’étude se focalise sur l’apport de l’expérience d’un séjour à l’étranger au moment de l’insertion professionnelle dans les emplois de cadre. Parmi les sortants de l’enseignement supérieur en 2017, un peu plus de 48 % (soit 209 000 jeunes) sont partis à l’étranger pendant leurs études et 29 % à plusieurs reprises. Une part non négligeable des séjours intervient cependant pendant les années de collège ou de lycée, et seuls 28 % des sortants sont partis à l’étranger au cours de leurs études supérieures, un tiers des diplômés mais seulement 8,5 % de ceux ayant échoué à obtenir un diplôme du supérieur.

L’opportunité d’un séjour dépend du niveau, du domaine et de l’établissement d’études.
Elle s’accroît avec le niveau d’études, plus courante dans les filières littéraires et de spécialités tertiaires à partir de la licence et culmine au sein des grandes écoles où les trois quarts des étudiants s’en saisissent. Les séjours dans le supérieur ont des durées significatives (6 mois en moyenne) et, pour plus de la moitié d’entre eux, interviennent lors de la dernière année d’études. Un peu plus d’un tiers des séjours sont intégrés à un programme d’études, cette proportion varie fortement en fonction du cursus.
Par ailleurs, 37 % des séjours profitent d’un financement, principalement d’origine publique (programme de l’UE, collectivité territoriale…).
Les pays anglophones accueillent 40 % des jeunes en séjour, témoignant de l’attractivité de leurs universités mais aussi de l’importance accordée à la maitrise de cette langue pour nombre de familles et d’étudiants. Des conditions qui rendent concret l’intérêt de cette expérience pour les employeurs.

Le rôle du séjour à l’étranger dans l’accès à l’emploi de cadre
Aux dires des enquêtés, le séjour à l’étranger a facilité l’accès à l’emploi pour 63 % d’entre eux, sentiment plus minoritaire (45 %) parmi la fraction ayant quitté l’enseignement supérieur sans obtenir de diplôme. Une appréciation positive partagée au sein des 10 professions les plus couramment associées à des postes de cadres.
Parmi ces professions, les plus convaincus de l’avantage procuré par leur séjour à l’étranger sont les cadres commerciaux et technico-commerciaux, les cadres des services administratifs, comptables et financiers, les cadres d’études et de recherche, les professionnels de la communication et de l’information, les trois-quarts expriment ce sentiment. On retrouve ici des professions qui peuvent être tournées vers l’international, le tourisme ou les activités médiatiques, laissant présumer que la connaissance d’une langue ou d’une culture étrangère constitue un atout pour les exercer. À l’inverse, les détenteurs de diplômes dédiés à des professions spécifiques, comme les professions médicales, minorent le lien entre le séjour à l’étranger et leur insertion.
Le positionnement favorable du séjour se confirme pour les cadres commerciaux et technico-commerciaux, les cadres d’études et de recherche, les cadres du bâtiment et des travaux publics et les techniciens et cadres de l’agriculture avec des scores favorables des employeurs de 4,4 à 17 points qui soulignent le crédit accordé à cette expérience.
Pour les ingénieurs et cadres techniques de l’industrie, la part de 60 % de jeunes recrutés partis à l’étranger pendant leurs études supérieures résulte essentiellement des formations utilisées comme viviers de recrutement. Cette expérience de séjour à l’international est largement partagée par les candidats à ces professions dont la moitié sont issus d’une école d’ingénieur et 21 % d’un master 2 scientifique. Les professionnels de la communication et de l’information forment le cinquième groupe à tirer parti de cette expérience.

Expérience de séjour à l’étranger et salaire
Qu’elle importe ou non au moment du recrutement, cette expérience a pu permettre l’acquisition de compétences spécifiques ou signaler des aptitudes particulières appréciées dans l’emploi et rémunérées en tant que telles. Par rapport aux salariés qui ne peuvent s’en prévaloir, les bénéficiaires d’un séjour connaissent un avantage salarial dans 7 familles professionnelles parmi les 10 étudiées. Le gain salarial est particulièrement favorable pour les professionnels des arts et des spectacles (21 %) et ceux de la communication et de l’information (20 %).

Quatre diplômés sur cinq tirent avantage de leur séjour à l’étranger
Les professions les plus réceptives à cette expérience à la fois pour la sélection à l’embauche et en matière de reconnaissance salariale sont les cadres d’études et de recherche et les professionnels de la communication et de l’information. Deux familles professionnelles accordent un bonus salarial à cette expérience bien qu’elle ne joue pas ou négativement dans le processus de recrutement : les ingénieurs de l’informatique, les cadres des services administratifs, comptables et financiers.

Conclusion
Les séjours à l’étranger en cours d’études supérieures représentent des expériences hétérogènes, par leur motif, leur durée ...et relèvent d’opportunités inégales entre les étudiants. Une focale mise sur les professions conduisant à des postes de cadres met en évidence que pour 7 d’entre elles parmi 10, cette expérience est reconnue au moment du recrutement et/ou dans la rémunération. C’est ainsi que 79 % des sortants du supérieur s’orientant dans ces professions pourraient tirer avantage de cette expérience dans leur transition vers la vie active.
Des résultats qui devraient renforcer l’intérêt du séjour à l’étranger au-delà des seuls bienfaits personnels attendus en matière d’élargissement culturel et de socialisation et qui plaident pour une accentuation de son institutionnalisation dans les formations du supérieur, et pour la mise en place de dispositifs de soutien spécifique auprès des étudiants manquant de ressources économiques pour profiter de cette opportunité. Un enjeu d’inclusion au cœur des objectifs du programme Erasmus+ pour la période 2021-2027.


Source