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Surmortalité, chute de l’espérance de vie… Comment l’année 2020 a bouleversé la démographie française

samedi 13 février 2021

Grâce aux travaux de l’INSEE parus en janvier 2021 nous pouvons brosser un portrait de la France en 2020. Les grandes lignes de la démographie française sont dramatiquement marquées par l’empreinte du covid-19 : augmentation du nombre de décès, baisse de l’espérance de vie et recul des naissances et des mariages…

La population de la France

De manière générale, la croissance de la population, estimée à 0,3 %, ralentit par rapport aux années précédentes. Au 1er janvier 2021, notre pays comptait 67 422 241 habitants, soit 135 000 de plus en un an. Une des raisons principales du ralentissement de la croissance est la chute du solde naturel. En effet, si les naissances restent plus nombreuses que les décès, jamais depuis la fin de la Seconde guerre mondiale l’écart n’avait été aussi faible. Selon les chiffres publiés, 740 000 bébés sont nés en 2020 en France (-1,8 % par rapport à 2019) et 667 400 personnes ont perdu la vie (+9 % par rapport à 2019).

Une surmortalité due au covid 19

Si les 667 400 décès enregistrés par l’Insee l’année dernière ne peuvent pas tous être attribués au covid-19, ils représentent un niveau inédit dans l’histoire récente. Sous réserve de réévaluation ultérieure, l’excédent de mortalité, toutes causes confondues, s’établit à 53 900 morts par rapport à 2019 comme à 2018 d’ailleurs.

La part due au covid se voit dans la surmortalité importante lors des deux pics du printemps et de l’automne. Ainsi, alors que la France enregistre en moyenne entre 1 400 et 1 900 décès quotidiens, on a dépassé 2 000 morts presque tous les jours entre le 16 mars et le 19 avril, et très fréquemment du 21 octobre au 16 décembre 2020. L’écart le plus important a été enregistré le 1er avril, avec 2 811 morts, contre 1 684 le même jour, en moyenne, sur les cinq précédentes années. L’INSEE souligne qu’il y a eu davantage de morts au printemps 2020 que lors de la canicule de 2003. Parmi les régions aux plus forts excédents de mortalité, on trouve l’Île-de-France (+18 %), Auvergne-Rhône-Alpes (+14 %) ou le Grand-Est (+13 %). L’excédent atteint 24 % à Mayotte.

Un recul de l’espérance de vie

Les données démographiques fournies par l’INSEE montrent que l’espérance de vie recule pour les femmes de 0,4 an d’espérance de vie, comme pour les hommes de 0,5 an. La durée de vie moyenne n’est plus que de 85,2 ans pour les femmes et de 79,2 ans pour les hommes. Cette baisse est sans équivalent dans l’histoire récente.

L’impact sur les naissances et les mariages

Enfin, l’Insee note la confirmation d’une tendance à la baisse de la natalité depuis 2015 avec la naissance, en 2020, de 740 000 bébés comme on l’a vu précédemment. L’indice conjoncturel de fécondité continue de baisser avec 1,84 enfant par femme en 2020 (contre 1,86 en 2019).

Les mariages sont en très net recul avec 148 000 mariages célébrés en 2020 (144 000 entre personnes de sexe différent et 4 000 entre personnes de même sexe). Il s’agit d’une baisse de 34,1 % par rapport à 2019. Bien sûr cette baisse est en rapport avec l’épidémie de Covid-19 qui, de confinement en couvre-feu, a interdit ou limité les célébrations de mariage et les déplacements qui les entourent. La baisse est aussi notable pour les pactes civils de solidarité (Pacs).


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