L’enquête met en évidence les fragilités de santé mentale dues aux conditions de vie, d’étude, de travail, à la précarité, au rapport au numérique, à l’environnement familial, ou encore à l’ancrage territorial. Elle explore les freins à l’accès aux soins, les lacunes en matière de prévention, mais aussi les ressources mobilisées, les formes de soutien disponible, et les attentes exprimées par les jeunes.
- 1 jeune sur 4 souffre de dépression (25 %) : un mal-être psychique généralisé.
- 1 jeune sur 3 (31 %) affirme avoir eu des pensées suicidaires ou envisagé de se faire du mal.
- Le harcèlement, facteur de mal-être aggravant.
- 87 % des jeunes sont stressés par leurs études et 75 % par leur travail.
- Si 23 % de salariés à temps plein sont atteints de dépression, ils sont 31 % pour les salariés à temps partiel, 36 % chez les travailleurs indépendants et 31 % chez les jeunes en recherche d’emploi.
- L’insatisfaction à l’égard du cadre de vie semble exercer une influence sur la santé mentale (43 % de jeunes la considèrent comme source de leur dépression).
Les jeunes formulent des demandes concrètes et cohérentes pour améliorer leur santé mentale : faciliter l’accès aux soins psychologiques et à la prévention (36 %), les rendre plus accessibles (34 %), promouvoir des leviers de bien-être, sport, culture, activités de sociabilité (16 %), renforcer les compétences psychosociales (13 %).
Les jeunes ont-ils subi un déclassement depuis cinquante ans, questionne la fondation Jean Jaurès : par rapport aux jeunes d’il y a 50 ans, ceux d’aujourd’hui sont plus diplômés, mieux payés, leurs semaines de travail sont plus courtes, ils disposent de plus de temps libre et ont accès à des biens et services qui n’existaient pas hier.
Les conditions de travail et de vie ont changé :
- Ils ont des emplois plus précaires.
- Le rendement de leurs diplômes s’est érodé.
- Ils rencontrent de plus en plus des difficultés d’accès au logement.
- Les jeunes ont reculé dans la hiérarchie des salaires.
- L’accès à la propriété devient de plus en plus onéreux.
- La dépendance aux aides familiales joue un rôle déterminant. Cette dépendance accrue creuse les écarts entre ceux qui sont aidés et ceux qui doivent avancer seuls.
Une note du commissaire au plan, Clément Beaune, souligne un déclassement surtout visible pour les diplômés de niveau Bac et Bac +2. Dans cette catégorie, la part de cadres ou de professions intermédiaires a chuté de plus de 30 points en 30 ans. « La valeur du diplôme s’est donc dégradée au fil du temps, une bonne part du malaise des jeunes réside là » résume le commissariat au plan.
- Depuis 1975, le niveau de diplôme de la jeunesse française a connu une progression spectaculaire. En 2023, plus d’un jeune sur deux est diplômé du supérieur alors qu’ils étaient moins de 20 % parmi la génération 1945.
- « Mais la hausse du niveau de diplôme ne s’est pas traduite par une transformation équivalente de la structure des emplois », puisque la part des employés et ouvriers peu qualifiés dans l’emploi des jeunes n’a que peu diminué (40 % en 1932 contre 32 % en 2003), signe d’un décalage entre le niveau de diplôme et le niveau d’emploi.
- Une hausse limitée des salaires couplée à une dégradation relative des revenus. Les jeunes sont mieux payés en début de carrière mais leur progression est plus faible que pour les salariés plus âgés.
- Ils ont plus reculé dans la hiérarchie des patrimoines.
Une progression du chômage et des emplois précaires : parallèlement à un moindre rendement salarié et statutaire, les diplômes obtenus par les jeunes ne garantissent pas une bonne insertion professionnelle. La situation de l’emploi s’est dégradée :
- Chômage en 1975 de 3,6 %, aujourd’hui 17 % chez les 15-24 ans.
- Les disparités se sont renforcées : le taux de chômage des jeunes non diplômés a progressé de 22 à 30 % entre 1982 et 2023, alors que celui des diplômés du supérieur a reculé de 18 % à 11 %.
- La recrudescence du chômage a eu pour conséquence une précarisation de l’emploi. En 2003, seuls 43 % des moins de 25 ans qui travaillent occupent un emploi stable (CDI ou poste de fonctionnaires.) Ils étaient 75 % en 1982.
- Une durée du travail en recul mais un travail plus intense.
Les modes de vie de la jeunesse se sont largement diversifiés au fil des ans : recul du mariage, instabilité accrue des unions, report de l’âge de la parentalité, élargissement des formes familiales, transformation des temps sociaux. D’où une aspiration à une autonomie individuelle et une fragilisation de certains repères collectifs.
Les jeunes devront faire face à plusieurs défis :
- 80 % des moins de 35 ans se disent préoccupés par le changement climatique.
- Les évolutions technologiques sont source d’insécurité.
- « Une forme de fragilité contamine toutes les sphères ».
Le Medef appelle à faire de la jeunesse une priorité nationale. Il propose 13 mesures concrètes pour lui redonner confiance en son avenir et dans le travail ». Il insiste pour une stabilisation de l’apprentissage et pour développer massivement le mentorat entre entrepreneurs, salariés et jeunes.
Enfin, le chantier ouvert par le gouvernement et les partenaires sociaux sur le travail et les conditions de travail devra aborder ces questions.
Références
- https://institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/sante-mentale-des-jeunes-de-lhexagone-aux-outre-mer-enquete.pdf
- https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/adolescent-mental-health
- https://www.clesdusocial.com/un-jeune-sur-quatre-souhaite-changer-de-metier
- https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/jeunesse-dhier-et-daujourdhui-le-grand-declassement
- MEDEF 13 propositions en faveur de la jeunesse 15/10/2025 :
https://www.medef.com

