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L’emploi dans les TPE en 2020

Publié le 6 juillet 2022 / Temps de lecture estimé : 4 mn

Les entreprises de 1 à 9 salariés regroupent 18,6 % de l’emploi salarié du secteur privé (hors agriculture), soit 3,5 millions de salariés au 31 décembre 2020. Entre le 15 mars et le 31 décembre 2020, 3,1 % des salariés des TPE travaillaient dans une entreprise où l’activité s’est complétement arrêtée. Des secteurs ont été particulièrement affectés (hébergement-restauration, arts, spectacles et activités récréatives) ; 71,5 % ont été employés dans une entreprise dont l’activité était en baisse par rapport à ce qui était prévu avant la crise.

Cartographie de l’emploi dans les TPE en 2020

  • Elles emploient en moyenne 3 salariés, mais 37,8 % d’entre elles ne comptent qu’un seul salarié.
  • Plus des trois quarts des salariés des très petites entreprises (TPE) travaillent dans le tertiaire.
  • Les TPE recourent davantage au temps partiel, aux contrats à durée déterminée (CDD) et aux emplois aidés que les entreprises de 10 salariés ou plus.
  • En 2020, 26 % de leurs salariés travaillent à temps partiel (en baisse par rapport à 2019), 14,8 % en contrat déterminée et 7,7 % en emploi aidé (en hausse).
  • Elles recourent davantage aux contrats d’apprentissage, bénéficiant notamment de l’aide exceptionnelle mise en place pendant la crise sanitaire.
  • La durée hebdomadaire collective contractuelle moyenne du travail dans les TPE est de 36,1 heures pour les salariés à temps complet (hors forfait) et de 17,7 heures à temps partiel.
  • Dans le tertiaire, les entreprises comptant un seul salarié sont particulièrement implantées dans les activités immobilières ainsi que dans l’enseignement, la santé et l’action sociale privés (cas des cabinets médicaux).
  • Au 31 décembre 2020, les femmes représentent 46,7 % des salariés dans les TPE (47,3 % en 2019). Soit un peu plus que dans l’ensemble des entreprises du secteur privé (45,5 %). Elles sont majoritaires dans le tertiaire (54 % des salariés des TPE), particulièrement dans le secteur de l’enseignement, de la santé et de l’action sociale privés (79 %) ainsi que dans des activités financières et d’assurance (68,5 %). Elles sont en revanche moins présentes dans l’industrie (37,8 %) et la construction (14,2 %).

Poursuite du recul du temps partiel

La part des salariés des TPE à temps partiel baisse particulièrement en 2020, dans le prolongement de la baisse entamée depuis fin 2012, passant de 28,9 % à 26 % en décembre 2021. La proportion de salariés à temps partiel reste largement supérieure à celle des entreprises de 10 salariés ou plus (17 %).

  • Elle s’échelonne de 12 % dans la construction à 49,3 % des salariés de l’enseignement, la santé et l’action sociale privés.
  • Dans les TPE, les femmes sont plus souvent à temps partiel que les hommes (38 % contre 15,4 %). L’écart est cependant moins important que dans l’ensemble de l’économie, les femmes y étant trois fois plus fréquemment à temps partiel que les hommes (29,5 %contre 9,6 %).
  • Dans les TPE, l’écart entre les hommes et les femmes dépend de l’activité. Il est élevé dans la construction (45,4 % pour les premières, contre 6,5 % pour les seconds) et inversement peu marqué dans les arts et spectacles (40,7 % contre 37,5 %).
  • Le recours au temps partiel varie avec la taille de l’entreprise : il est de 40 % dans les entreprises comptant un seul salarié, de 19,9 % dans celles entre 6 et 9 salariés contre 17,1 % dans les entreprises de 10 salariés ou plus.

Un recours plus important aux contrats courts

En 2020, 510 000 salariés de TPE, soit 14,8 %, sont en CDD (13 % dans les entreprises de 10 à 19 salariés). Cette part est en hausse depuis 2018, si on inclut les apprentis. En revanche, hors apprentis, elle diminue. Fin 2020, 28,3 % des TPE (plus de 340 000 entreprises) emploient des salariés en CDD :

  • Les femmes sont un peu moins fréquemment concernées que les hommes (14 % contre 15,5 %).
  • Au sein des TPE : 48,1 % des salariés en CDD occupent un emploi aidé (alternance ou contrat aidé de type CUI, emploi d’avenir, etc…).
  • Hors emplois aidés : la part de salariés en CDD est en baisse (8,3 % en 2020 contre 9,1 % en 2018) particulièrement dans le tertiaire (8,3 en 2020, après 9,4 % en 2018).

L’apprentissage, principal dispositif d’emploi aidé utilisé par les TPE
Dans les TPE du secteur privé : 7,7 % des salariés sont bénéficiaires d’un emploi aidé. Ils étaient 6,2 % en 2019. Cette hausse s’explique par un plus grand recours à l’apprentissage qui passe à 6,7 % en 2022 (233 000 salariés) contre 4,7 % fin 2019 (169 000 salariés). Les dispositifs de formation en alternance sont les principaux emplois mobilisés avec 87,2 % pour l’apprentissage et 8,3 % pour les contrats de professionnalisation (15,9 % en 2019) :

  • Mise en place du plan « 1 jeune, une solution », d’une prime exceptionnelle à l’embauche versée aux entreprises recrutant des apprentis (5 000 € pour les moins de 18 ans, 8 000 € pour les 18-30 ans).
  • Les hommes sont les principaux bénéficiaires des emplois aidés (57,8 %), une proportion stable depuis 2018.
  • Les emplois aidés sont un peu plus répandus dans les TPE de l’industrie (10,3 % des salariés en emploi aidé) que dans la construction (8,1 %) et le tertiaire (7,3 %), avec 4,7 % dans les activités financières et d’assurance mais 10,9 % dans l’information–communication, ainsi que dans les arts et spectacles et autres activités de service.

Une durée hebdomadaire contractuelle moyenne de travail stable

Avec pour les salariés à temps complet (hors forfait en jours) 36,1 heures, elle est stable par rapport à 2018 et 2019 et du même ordre que celle des entreprises de 10 à 19 salariés (36,2 heures) et de 20 à 49 salariés (36 heures). Elle est supérieure de 30 minutes à celle des entreprises de 10 salariés ou plus (35,6 heures) :

  • En raison de la crise sanitaire, la durée annuelle effective moyenne du travail des TPE pour l’ensemble des salariés est en forte baisse en 2020.
  • Les salariés à temps complet des TPE travaillent moins souvent que les autres salariés, en deçà de 36 heures par semaine : 74,2 % contre 83 % dans les entreprises de 10 salariés ou plus.

La plus grande partie de ces salariés (88,5 %) travaille dans le tertiaire

Plus de la moitié de ces salariés travaillent dans le commerce de gros et de détail, le transport, l’hébergement ou la restauration. Très peu travaillent en forfait jours, conséquence d’une plus faible présence de cadres. La durée hebdomadaire contractuelle moyenne de travail des salariés à temps partiel diminue très légèrement.

Le succès de l’apprentissage a permis, en dépit du Covid, d’insérer un grand nombre de jeunes de moins de 30 ans dans le monde du travail. Son financement a créé un déséquilibre financier dans les comptes de France compétences. La Cour des comptes alerte le gouvernement sur l’urgence de remettre à l’équilibre le financement des comptes formation.


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