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Laïcité et tolérance : des valeurs partagées à l’école

samedi 11 avril 2020

La laïcité est une valeur phare en France. Elle fait partie du socle du vivre ensemble, malgré les violences parfois commises contre son existence. Qu’en est-il donc à l’école, alors que l’éducation prépare les générations futures ? Les conclusions issues d’une enquête du Cneso (Centre national d’études des systèmes scolaires) montrent que les élèves français sont acquis au principe de laïcité et à la tolérance envers les autres.

Les élèves adoptent le principe de laïcité dans le cadre scolaire

Neuf élèves sur 10 déclarent que la tolérance est importante ou très importante en classe. Et les ¾ estiment important de pouvoir exprimer leurs croyances ou non-croyances en classe tout en le situant dans le respect des opinions de chacun. Ils sont aussi pour la neutralité religieuse des enseignants, et les 2/3 pour que la religion ne soit pas visible dans l’espace scolaire. Ces opinions sont encore renforcées au niveau des enseignants (en enseignement moral et civique EMC) et chefs d’établissement interrogés. D’ailleurs 90 % des élèves de 3ème et 80 % des terminales affirment que la laïcité a fait partie des sujets qu’ils ont abordés dans cet enseignement EMC.

Cependant, plus de 60 % trouvent normal de pouvoir s’absenter un jour de fête religieuse, point qui les différencie de leurs enseignants (40 % seulement le pensent).

Peu d’enseignants et chefs d’établissement indiquent des difficultés sur cette question

Les 2/3 des enseignants et chefs d’établissement ne connaissent aucune difficulté due à une remise en cause de certains enseignements ou un refus de participer à certaines activités pour des raisons religieuses. 30 % disent que ces questions prennent peu d’importance dans leur établissement. Seuls 3 % en 3ème et 2 % en terminale disent connaître des difficultés importantes.

En fait, ces difficultés très minoritaires de respect de la laïcité sont regroupées dans certains établissements classés en éducation prioritaire (REP-réseaux d’éducation prioritaire), plus que dans les REP renforcés (REP +).

Le problème qui subsiste est que plus de 9 enseignants sur 10 qui doivent aborder ces questions dans leur enseignement d’EMC [1], le plus souvent des professeurs d’histoire et géographie, le font sans avoir bénéficié de formation continue, même si 8 sur 10 se déclarent à l’aise !

Hors cadre scolaire, les élèves sont attachés à la séparation des religions et de l’État

Les élèves sont massivement pour la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses dans la société et pour la neutralité religieuse de l’État. Pour plus de 80 %, « les responsables religieux ne doivent pas avoir plus de pouvoir au sein de la société » et près de 80 % sont en désaccord avec l’idée que « les règles de vie prescrites par la religion sont plus importantes que les lois de la République ». Pour les ¾ d’entre eux, « neutralité et indépendance de l ‘État vis-à-vis des religions » favorisent la démocratie.

L’enquête a pu cependant déceler des différences d’attitude selon les caractéristiques des élèves. Leur niveau de connaissances civiques est l’élément le plus fondamental de leur adhésion au principe de laïcité. Le genre établit aussi une distinction : les filles y sont plus attachées encore. La participation à une association religieuse joue l’effet inverse, pour les plus jeunes (ceux de 3ème) et s’estompe ensuite.

Mais ce qui est inattendu et très significatif, c’est que, même s’il y a quelques différences, l’effet lié au type d’établissement joue finalement très peu, que ce soit un établissement public ou privé sous contrat, collège en REP, REP + ou pas, établissement rural ou urbain. La laïcité est bien une valeur partagée par les jeunes issus des différents milieux de vie.

L’enquête

Elle a été menée en 2018 par le Cneso, en partenariat avec l’université de Genève, auprès de 16 000 élèves de 3ème et de terminales, 500 enseignants en enseignement moral et civique (1) et 350 chefs d’établissement (public ou privé sous contrat, collège en REP, REP + ou pas, établissement rural ou urbain), par un questionnaire en ligne sur temps scolaire.


Source


Notes :

[1Créé par la loi de Refondation de l’École de la République du 8 juillet 2013, l’enseignement moral et civique (EMC) remplace les formules d’enseignement civique, juridique et social antérieures et est dispensé dans le primaire et le secondaire depuis la rentrée de septembre 2015.